Concours

Pour toi.

Skreuls

Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /2006 19:00

COMME UN RAT

 

 

 

 

 

 

L’autre jour, (c’était un après-midi d’octobre brumeux si mes souvenirs sont exacts, ce dont je suis à peu près sûr car j’ai une très bonne mémoire) je me faisais tellement chier chez moi que je me suis dit : « Tiens, si j’allais me faire chier ailleurs !» ce qui me tentait bien, je l’avoue.

Par chance, il se trouvait que mon anniversaire était juste passé et qu’un mien ami avait eu la bonne idée de m’offrir un billet simple pour le dernier spectacle de Robert Hossein. Une bonne occasion d’aller se faire chier ailleurs et pour pas cher, puisque gratuitement. J’ai beau être con, je n’allais quand même pas dépenser de l’argent pour me faire chier. Il est plus agréable de se faire chier avec l’argent des autres et c’est ce que je décidais de faire. Sur le ticket, il n’y avait ni date ni numéro de place. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien. Toujours est-il que je pouvais me rendre à n’importe quelle représentation, mises à part la première et la dernière, ces deux-ci étant espacées de 8 mois : ça me laissait du temps.Je m’assois donc, place 46b, en haut, presque au milieu de la rangée de gauche, ce qui veut dire que je n’y voyais presque rien. C’était le spectacle idéal pour se faire chier. La place que l’on m’avait donnée était idéale pour se faire encore plus chier, à croire que la caissière avait lu dans mon regard mes véritables intentions. Ma décision était prise. J’allais me faire chier pendant deux heures. Le spectacle pompéien et pompeux commença.

 

 

Au bout de 20 minutes, je m’aperçus que cela faisait 20 minutes que je me faisais chier comme un rat mort. Si j’avais été à l’opéra, ça aurait été marrant. Je me serais fait chier comme un rat d’opéra mort. Mais j’étais chez Hossein, et ce maigre jeu de mots ne pouvait vraiment me consoler. Donc, je me faisais chier comme un rat mort. « Pourquoi !? », m´écriais-je intérieurement. Non pas pourquoi je me faisais chier…si j’avais choisi cet endroit, c’était dans le seul but de me faire chier gratuitement. Et à ce moment là, je n’étais absolument pas déçu. Ma question était : « Pourquoi un rat mort se ferait-il plus chier qu’un autre animal mort ? ». L’inventeur de cette phrase ne devait pas avoir choisi cet animal par hasard, cela me semblait illogique. Je m’enfermais donc dans mes réflexions. Le spectacle ne me dérangeait pas dans celles-ci ; ça, en revanche, c’était logique.

Je me disais donc que si un rat mort se faisait davantage chier qu’un autre animal mort, c’était que la vie du rat était plus trépidante que toutes les autres. Cela me tarabustait. Je décidais que j’irai jeter un coup d’œil dans mon encyclopédie après le spectacle. Vous savez ce que sont les réflexions. Elles viennent, elles partent, et bientôt j’abandonnais mes interrogations et rentabilisais au maximum mon cadeau d’anniversaire en me faisant chier de plus belle. Après une heure quarante supplémentaires d’ennui total chez Robert, je décidais de vite rentrer chez moi. Je remarquais au passage que je n’étais pas le seul à vouloir quitter au plus vite le navire. Arrivé chez moi, je commençais à tourner les pages de mon encyclopédie à la lettre « R ». Enfin… aux lettres « R », parce que j’ai beau être radin, je fais fi de l’oseille quand il s’agit de culture. J’ai donc acquis cette encyclopédie pour une belle somme. C’est une de l’Universalis, en cuir verni, en 26 tomes. Un tome par lettre. Les tomes sont reliés. Entre eux. C´est le seul problème.

Car oui, l´encyclopédie a beau être complète (il y a tout dedans, mais alors absolument TOUT), les tomes son reliés entre eux. Ce qui fait que non seulement c’est extrêmement lourd, mais qu’en plus, c’est très dur d’ouvrir les pages du milieu. Les lettres « A » et « B », ça va. Le « E », c’est déjà plus dur et le « P », je n’ai même pas essayé. Je l’ai déjà dit, je suis radin. Mais ce n’est pas tout. Je suis également feignant. Ce qui fait que je ne déplace et n’ouvre mon Universalis que très rarement. Et ma culture ne se résume par conséquent quasiment qu’aux seuls mots ou noms commençant par les lettres « A », « B », « Y » et « Z ».

En attendant, des idées, mots, termes commençant par ces lettres, je connais tout. TOUT. Tout sur la maladie d’Alzheimer. Tout sur la situation géopolitique de l’Andorre, de l’Azerbaïdjan, du Bhoutan ou encore de la Biélorussie. Je pourrais vous faire un cours sur l’aubergine ! (Plat national de l’Azerbaïdjan, j´ai eu de la chance). Mais attention, ce n’est pas tout ! Sur Zarathoustra, je sais tout ! Bon, sur Nietzsche, je sais rien. Parce que j´aime bien les philosophes. Mais à cause de mon problème d’encyclopédie, je n’ai lu que sur Aristote et Bergson. Alors là, je vous vois arriver avec vos bottes toute crottées et je vous entends me dire : « Oui, mais vous pourriez (oui, je vous prierais de me vouvoyer), oui, mais vous pourriez acheter les œuvres ! » Si vous aviez écouté, j’ai dit au début que j´étais radin. Je ne vois pas pourquoi j’achèterais les œuvres complètes alors que celles-ci sont résumées dans ma belle Universalis aux tomes reliés entre eux…

Un yard fait 0,9144 mètre. Vous le saviez ? Heinrich Zille était un dessinateur allemand. Il croquait les scènes de la vie quotidienne du milieu travailleur berlinois avec un humour et un sens inné du comique, tout en mêlant à ceux-ci une ironie mordante (vous remarquerez qu´il croquait avec une ironie mordante, cela ne s´invente pas) et une critique sociale décapante. Il est né en 1858 (je ne sais pas quand c’est, la lettre « M » étant juste au milieu) à Radeburg (je sais pas non plus où c’est). En revanche, il est mort à Berlin, capitale de l’Allemagne, 3,5 millions d´habitants, surnommée la verte, du fait de la présence de très nombreux parcs en son sein… En fait, je sais quand était 1858. Je sais également où est Radeburg. Et bien oui, après le spectacle de Robert Hossein, j’ai ouvert mon encyclopédie à la lettre « R », et en cherchant « Rat », j’en ai profité pour chercher Radeburg, qui se trouve être une ville à la con en Allemagne.

C’était vraiment chiant de soulever tous ces tomes ensemble. Ca pesait un âne mort. Alors, juste après avoir déposé l’encyclopédie, j’ai cherché à âne, pour savoir pourquoi un âne mort pèse plus lourd qu´un cheval mort, par exemple. En fait, c’est écrit qu’ils font le même poids, mais que pour une question de parité et de justice, ils avaient fait par ordre alphabétique. Un peu plus tard, j’ai cherché à savoir pourquoi ils avaient pas fait la même chose pour le rat….En fait, c´est écrit qu´ils ont fait la même chose, mais forcément, dans la famille, il n’y a que le rat et la souris.

Mais revenons à nos moutons…enfin, on se comprend. Je cherchais à savoir en quoi la vie du rat était plus trépidante que la vie d´un autre animal. Pourquoi, par exemple, un bouvreuil mort se fait moins chier qu´un rat mort. Je n´ai pas vraiment choisi le bouvreuil par hasard. C’est à la lettre « B », c´est pour ça. Oui, je l´ai déjà dit au début. Les réflexions viennent et partent. Dans les une heure quarante restantes, j’ai réfléchi quelquefois et j´ai essayé de trouver un animal faisant le poids d’un âne mort…d’un rat mort, pardon. Etant feignant, je cherchais des animaux commençant par les lettres « A » ou « B », afin de ne pas trop me fatiguer avant la perspective -fatigante en elle même- d´ouvrir mon Universalis à la lettre « R » et qui plus est, au début du tome. Ben oui, « rat » commence par « ra ». Donc, je cherche. Une antilope ? Morte, elle a pas franchement le temps de se faire chier. Un bison? Ça n´allait pas. Un hamster ? J´optais pour le bouvreuil. Un bouvreuil vaut bien un rat. Je me suis alors renseigné sur la vie du bouvreuil, son gîte, ses périodes d´immigration, ses hobbies et tout ça. Et bien vous me croirez ou pas, la vie du bouvreuil est super chiante…Il se lève le matin, il va chercher à bouffer. Soit il bouffe sur place, soit il rentre chez lui. Si il rentre chez lui, il en profite pour faire la sieste. Il se réveille, il repart, il va re-chercher à bouffer, il se repose le dilemme cornélien : « Mange-je ici ou rentre-je chez moi ? » Il se répond et quoiqu´il fasse, il finira bien par rentrer chez lui pour dormir. Il n´est même pas chassé ! Ni pour sa chair, ni pour sa fourrure (contrairement au rat). Quand le bouvreuil à des enfants (pas plus de quatre par portée), il chasse pour 5, ce qui ne rend pas sa vie plus intéressante. Il passe mois de temps à dormir, ce qui lui fait du bien, à ce gros feignant. Bref, pas de quoi fouetter un rat, ce rat même que j´ai étudié et dont je vais vous raconter l´histoire.

Le rat est un petit rongeur de la famille des muridés, au museau pointu, très vorace et très prolifique. Il est présent partout sur le globe. La vie du rat est haute en égouts et en couleurs. Le rat est le gangster de la gent animal…Outre le fait qu´il soit chassé pour sa fourrure, il est craint partout et par tous. Il est à l´origine des plus grosses épidémies de peste et bien qu´il soit le facteur zéro de la maladie, il y succombe rarement, voire même pas du tout pour les plus chanceux….Il se faufile, il longe les rues étroites et malfamées, il fouille dans les poubelles et tout…il n´a pas d’amis -mis à part ses congénères- et il s´entend comme chien et chat avec les autres animaux. Sa vie est violente, dangereuse, aventureuse…C’est la raison pour laquelle le rat mort se fait autant chier.

Et si un rat devait de faire plus chier qu´un rat ordinaire mort, ce serait un rat d´opéra mis en scène par Robert Hossein.

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : Skreuls
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Vendredi 18 août 2006 5 18 /08 /2006 14:12

 

 

L’autre jour, j’étais chez un mien ami. A la suite de contorsions culinaires tout aussi ludiques qu’inutiles, je me brûlai férocement la main.

            _ « Ami ! » interpellai-je sans ambages mon ami. « Serais-tu en mesure de me donner de la Biaphine ? Ou mieux encore, du Tulles gras ? Ma main a malencontreusement heurté le filée d’huile bouillante qui perlait gentiment de ta poêle en téflon ! »

Goguenard, mon compère s’approche de moi et susurre à mon oreille interdite :

             _ « Mille excuses, mon cher. De Tulles gras ou encore de Biaphine, je n’ai point. En revanche, j’ai des pansements. Ils sont de la marque Cien. Connais-tu cette marque ? »

J’acquiesçais du bout des lèvres.

             _ « Et bien crois-moi ou crois-moi pas, mais ces pansements sont deux fois plus efficaces que ce que de ta voix mielleuse tu avais quémandé ! Mets-en un et tu verras ! »

Je m’exécute avec force vélocité et remarque estourbi que le bougre avait bel et bien raison !

 

Moralité : « Un Cien vaut mieux que deux Tulles gras »

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : Skreuls
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Vendredi 8 septembre 2006 5 08 /09 /2006 08:21

A Dominique



De plus, et en outre, je n’avais plus de monnaie sur moi. Mes poches étaient vides comme seules des poches savent l’être. J’éructai violemment, contemplant le distributeur automatique de boissons qui, d’un cri strident, répliqua à mon invective de par trop maladroite. Ce rugissement métallique fit s’éveiller en moi une sourde envie de piétiner la machine en question, et tandis que mon pied s’approchait de l’armature en fer dudit objet, mon Bi-bop sonna. C’était René qui m’annonçait, avec une gêne toute empreinte de cette bêtise ordinaire qui le caractérisait, qu’il avait oublié la limonade. 

 

            _ «  Quoi !!?? » vociférai-je, bille en tête et à brûle-pourpoint. « Comment peux-tu me faire ça à moi, ton mentor, ton ami, ton frère ? Ne t’ai-je donc pas donné assez d’amour quand tu étais petit ? »

Je compris dans le fouillis de borborygmes abscons que mon oreille aguerrie parvenait, malgré l’heure tardive, à démêler, que si. Il n’était donc pas si ingrat, le moutard. Je lui ordonnais de courir au Codec de la Rue de la Loutre Accroupie, afin d’acheter le breuvage promis. Il était huit heures moins cinq. Connaissant le bougre, je savais qu’il pouvait y arriver.

            Quant à mon distributeur de soupes de tomate, ce con, il ne voulait toujours pas me rendre ma monnaie. Je pérorai à son encontre tout le lexique de noms d’oiseaux que je connaissais, me saisissais de la matraque du garde-champêtre qui, par chance, roupillait. Je frappais sur le distributeur. 

 

            _ « Fichtre de flûte de satanée machine » ne pus-je m’empêcher de maugréer, tandis que l’autre, là bas, vendait toujours la rose pour un euro 50. « Gouape ! Veux-tu bien me rendre mes sous ! »gloussai-je.

C’était pas évident de se concentrer, d’autant plus que les gamins commençaient à pleurer. Il était 20 heures cinq. Le Codec venait sûrement de fermer, et je priais de tout mon être que le René ait réussi sa mission. 

 

Je détournai l’attention des enfants sur un hamster mort qui commençait très franchement à sentir. Les marmots, ravis, cessèrent d’un coup leurs jérémiades et vaquèrent à cette occupation ma foi bien ludique : un souci de moins… 

 

La marchande d’allumettes était quant à elle toujours là et regardait avec un sourire de plus en plus condescendant la scène qu’elle ne devait, étant donné son air benêt, que supposer. 

 

            _ « Combien pour une allumette ? que je la hélai, du haut du trépied. 

 

            _ «  Américaine ? espagnole ? blonde, brune ? » répondit-elle tout de go, évitant par là même les dangers d’une réponse inadéquate. 

 

            _ « J’en ai rien à ficher ! La moins chère ! » hurlais-je alors, afin qu’elle m’entende, car le convoyeur de fonds passait à la même vitesse que le son criard de son moteur diesel. Du moins, que celui de son fourgon. 

 

            _ « Dans ce cas là, c’est les suédoises les meilleures marchés. »

_ « Une allumette suédoise ? Pourquoi pas une bicyclette bleue ? Ou un tango andalou ? » murmurais-je dans ma barbe inexistante.

_ « Un franc, s’il-vous plaît. » et de sourire. 

 

Je me saisis de l’objet, courus vers la fente du distributeur et commençai à farfouiller dans l’orifice afin d’essayer d’en extraire la menue monnaie que ma main preste et agile y avait laissé tomber. 

 

            _ « Foin de résistance ! Brigand ! Chenapan ! Mécréant ! Forban ! » beuglais-je, tandis que de l’autre main, je composais le numéro de téléphone de René. Il était dur à cuire, le saligaud. Je sentais son âme fourbe et pourrie sous l’enchevêtrement ordonné des diverses ferrailles composant son armature. 

 

            _ « Veux-tu donc cesser, petit gredin !! » ´

 

Au moment où ces quelques mots sortirent de ma bouche effrénée, René décrocha. Le pauvre ! Il s’imagina que je lui parlais… Pleurant, il m’annonça qu’il avait pu, à temps, acheter la bouteille de limonade tant attendue. 

 

            _ «  Hourra ! » éructai-je, et ne pus empêcher une larme de couler sur mon menton glabre. 

 

            Les enfants jouaient toujours avec le hamster. Vu l’emplacement des yeux, celui-ci avait du se faire tuer à coups de batte de base-ball. Les gosses n’en avaient cure. Avec le sang de l’animal, ils s’étaient fait des peintures de guerre, à l’indienne, et les six dansaient en poussant des « Hallalis » autour du cadavre.

            _ «  René ! que je dis à René. Tu es mon sauveur !» et je raccrochais, toujours sanglotant, remerciant le ciel et St. Victor pour l’aide inattendue qu’ils m’avaient apportée.  

 

            _ «  A nous deux, à présent !! » persiflai-je à l’encontre de la machine. Je l’attrapai par le cou, la renversai, lui fit le coup du berger et, revigoré par la nouvelle, encouragé par les chants des enfants, agacé par le regard condescendant de la marchande d’allumettes, la partie fut finie en 4 coups de cuillères à pot. Le distributeur se renversa, 3 hoquets plus tard, il me rendit mon argent. 

 

Fier et noble, je le ramassai, replaçai mon képi sur ma tête, rendis sa matraque au garde champêtre que le combat n’avait pas réveillé, puis, avec une emphase néronienne, je quittais la gare tout plein de joie et d’amour du prochain.

 

 

 

 

 

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : Skreuls
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Mardi 12 septembre 2006 2 12 /09 /2006 13:19

Recette des crêpes Tatin au chocolat.

 

Ingrédients :

-         une poêle. 

-         De la pâte à crêpes.

-         Des œufs

-         De la farine

-         Du sucre

-         De l’eau

-         De l’huile

-         Du chocolat.

-         Et, comme toujours, de l’amour.

Recette.

            Dans une grande bassine, verser l’eau frétillante sur les endives. Laisser reposer pendant un laps de temps relativement court. Casser les œufs dans un bol, remuer très vite avec un mixeur, ou une fourchette, pour les plus pauvres. Couper le beurre en dés de superficie égale à la valeur calorifique de la fumée qu’un train A, partant de la gare Lambda, et qui croiserait un train B, partant de la gare Bêta, pourrait produire.

            Lavez-vous les mains. 

 

            Buvez un coup. 

 

            Faire frémir le beurre dans la poêle préalablement préchauffée. (Vous remarquerez que la poêle doit être préalablement préchauffée…) 

 

            A l’aide de votre main libre, prendre du sucre (une bonne poignée), la lancer dans la bassine où les endives, déjà, flétrissent à une allure comparable à celle que pourrait réaliser des endives flétrissant dans du sel, alors que pourtant, elles flétrissent dans de l’eau. Comme quoi… 

 

            Verser le lait dans une casserole prévue à cet effet ; le laisser chauffer quelques minutes, pas plus, pas moins. Bien surveiller le lait sur le feu, tandis que de l’autre main, vous vérifiez bien que les œufs sont toujours battus. Profitez en pour également vérifier que le chocolat est toujours sur la table. 

 

            Râpez la muscade jusqu’à l’obtention d’une pâte suffisamment liquide pour pouvoir tomber d’un récipient quelconque sans avoir recours à une cuillère ou une louche.

 

            Egoutter les endives, les jeter d’un mouvement vif dans le mixeur. 

 

            Partir dans le jardin, ramasser la menthe que vous n’avez pas oublié de planter 6 mois auparavant. Coupez en quelques brins. 

 

            En revenant, ramassez et lancez la balle que votre chien a lâchée au milieu du passage. Si vous n’avez pas de chien, un enfant fera l’affaire. Si vous n’avez pas de jardin, un balcon également. 

 

            Du même mouvement sec du poignet, lancer la menthe dans le jus des endives qui, en toute logique, devaient être prêtes. Si ce n’est pas le cas, renouvelez l’opération. 

 

            Si vous avez des enfants, félicitations ! Sinon, jetez la balle au chien. 

 

            Mettez les endives dans la pâte à crêpes que vous auriez eu le temps de préparer si vous n’étiez pas allé dans le jardin, bref, si vous aviez fait correctement vos courses. 

 

            Servir froid, avec un St Emilion 1978. Château Latour ou, si vous n’avez pas les moyens, un Cheval Blanc.

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : Skreuls
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /2006 19:20

Jésus est, à l’instar de la plupart de ses contemporains, mort. S’il n’était que mort, l’histoire n’aurait rien retenu de lui ; preuve en sont d’ailleurs les quelques 70 milliards d’êtres humains[1] qui ont vécu et disparu avant nous, sans avoir eu la bonne idée de pénétrer dans ce que la bienséance nous oblige à nommer « postérité ».

 Seuls certains rares élus font aujourd’hui partie du Saint des Saints, de ces êtres immortels, de ceux qui ont en grande partie contribué à faire de cette terre ma foi fort inhospitalière un lieu de villégiature tout aussi éphémère que viable. Mais quelles sont ces exceptions aux lois naturelles ? Il y a Tino Rossi, par exemple. Ou encore Attila. Ou encore, et plus proche de nous, Henry Chapier, même s’il n’est pas encore tout à fait mort. Mais, surtout, il y a Jésus.

 

 

 

            Selon certaines sources difficilement vérifiables, Jésus est né il y a environ 2000 ans. Originaire de Bethléem, il descend par son père du roi David, lui aussi de Bethléem, le monde est petit. Jésus était Juif, ce qui, à l’époque et dans la région, ne représentait ni obstacle ni avantage, même si les Juifs n’étaient pas les personnes les plus en vue chez les Romains. Son père, Joseph, était aussi Juif, tout comme sa mère, Marie. Toujours selon ces mêmes sources, Jésus serait né de Marie alors que celle-ci ne connaissait de la chair que ce que le Talmud aurait pu lui apprendre, si elle avait su lire et, surtout, si elle avait eu le droit d’apprendre à lire. Cette histoire de vierge donnant la vie n’est pas nouvelle, puisqu’on l’on retrouve des traces de cette croyance dans le Mithraïsme, religion perse remontant au VI siècle avant notre ère, et  dont le prophète, Mithra, serait également le fruit d’une vierge, si je puis m’exprimer ainsi.

 

 

 

Les  trois quarts de la population restent persuadés que l’on ne sait rien de l’enfance du Christ. C’est faux. Un certain Thomas nous apprend que Jésus était, enfant, colérique jusqu’à l’excès. Un petit passage de son évangile : « Le maître connaissait toute l’habileté de l’enfant et il le redoutait ; il écrivit cependant l’alphabet, et quand il voulut interroger Jésus, Jésus lui dit : “Si tu es vraiment un maître, si tu as la connaissance exacte des lettres, dis-moi quelle est la signification de la lettre Alpha, et je te dirai quelle est celle de la lettre Bêta.” Le Maître irrité, le poussa et le frappa à la tête. L’enfant, courroucé de ce traitement, le maudit, et aussitôt le maître tomba sans vie sur son visage. Et l’enfant revint au logis de Joseph qui en fut très affligé, et il dit à la mère de Jésus : “Ne le laisse pas franchir la porte de la maison, car tous ceux qui provoquent sa colère sont frappés de mort.”[2]

 

 

 

Il est bien évident que l’Eglise Catholique Romaine réfute ces dires avec la véhémence habituelle des hommes de foi. Croire en de telles billevesées serait comme croire que l’on peut changer de l’eau en plomb, voire même du vin en or… En attendant, il est fort peu probable qu’un enfant Hébreu vivant dans une région sous domination romaine ait véritablement utilisé les lettres grecques Alpha et Bêta. On ne peut de fait porter que peu de crédits à ces quelques textes. En ce sens, et contrairement à ce que je viens de dire, on ne sait rien de son enfance.

 

 

 

            Le fils de l’Homme commença vraisemblablement son ministère à l’âge de trente ans. Le premier de ses miracles, selon Saint Jean, fut la métamorphose d’eau en vin lors de noces à Cana, petit village célèbre pour la vétusté de ses bâtiments. Un peu plus tard, Jésus aurait pris 5 pains et 2 poissons, les aurait coupés en tout petits morceaux et il serait parvenu à nourrir, avec ces échantillons, une foule, je cite Saint Luc, « d’environ cinq mille hommes». Il aurait en outre guéri des aveugles, des estropiés, des sourds, des malades, il aurait converti des foules et fait des dessins sur le sol.

 

 

 

Tous ces actes étaient fort peu répréhensibles. Et, en réalité, tant qu’il se cantonna à des régions que ni les romains ni les instances religieuses n’auraient pu placer sur une carte, tout allait bien pour lui et ses disciples. Mais la rumeur de l’arrivée du « Messie » gonfla à tel point qu’il se retrouva forcé de se rendre à Jérusalem, grosse ville de la lointaine banlieue sud de Ramallah. Il y alla en mulet et y fut accueilli par une foule immense, une foule des grands jours ; c’était un jeudi, on aurait pu penser que c’était un dimanche.

 

 

 

Quoiqu’il en fût, Jésus organisa un dernier repas avec des adeptes dans cette bien belle ville de Jérusalem. Une petite pièce louée par un marchand servit de cantine aux 13, car oui, ils étaient treize, les 12 apôtres et lui-même. Et cette cène est la première d’une pièce en trois actes, pièce que le maladroit auteur de ces quelques lignes tout aussi maladroites va s’efforcer de transcrire le plus fidèlement possible.

 

 

 

Avant le repas du jeudi, Jésus aurait lavé les pieds de ses disciples. Il se serait par la suite poliment lavé les mains, aurait rompu du pain, se serait servi un verre de vin, et il aurait dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps. Prenez et buvez-en tous [du vin], car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance [nouvelle et éternelle], versé pour la multitude, pour le pardon des péchés ». Puis il aurait annoncé qu’un des treize allait le trahir pour quelques sesterces, que Pierre allait le renier à trois reprises et que le coq allait chanter trois fois. Les 12 (Judas les avait quittés quelques temps auparavant) se seraient par la suite mis en route vers le Mont des Oliviers, justement là où, manque de bol, les Romains faisaient une ronde en compagnie de Judas. Judas embrassa Jésus. Le « Messie » lui aurait alors dit cette phrase qui est entre temps devenue célèbre : « Tu quoque fili ? ». Les Romains auraient ensuite enlevé Jésus et l’auraient amené auprès du préfet de l’époque qui le condamna à la crucifixion après un procès que l’on pourrait, sans mauvais jeu de mots, qualifier de lapidaire.

 

 

 

Le second jour, le vendredi, Jésus aurait été forcé de porter sa croix jusqu'au sommet du mont Golgotha. Une grande différence avec la mythologie grecque est que Sisyphe avait une pierre. Une pierre, ça roule. Une croix, beaucoup moins. Jésus qui, comme nous l’avons vu plus haut, maîtrisait le grec, devait avoir connaissance du mythe de Sisyphe ; il lâcha sa croix au sommet, mais, forcément, elle ne dévala pas la pente. Il y fut cloué. A la croix, pas à la pente. Il y resta quelques heures, regardant sa mère, ses frères et ses sœurs, écoutant les Romains qui l'accrochaient tout en sifflotant : « Si j’avais un marteau… ». Au bout de trois heures, il rendit l’âme à qui de droit. On l’amena dans une concession qu’un certain Joseph d’Arimathie lui aurait peu auparavant conseillée. Il y trouva un avant-dernier refuge.

 

 

 

Au troisième jour, Jésus serait apparu à Marie-Madeleine. Là, il faut bien le dire, les informations divergent. Tous racontent que Jésus est ressuscité, certes. Mais tous ne sont pas d’accord sur « comment qu’on s’en est rendu compte ». Selon un certain, Jésus était déjà parti. Marie-Madeleine aurait rencontré à côté du caveau le jardinier, et elle lui aurait dit : « Si c’est toi qui nous a enlevé notre maître, rends-le nous ». Et là, le jardinier lui aurait répondu « Marie… » Et elle, tout de go : « Rabbouni ![3]» Ce qui, en hébreu, est un mot ridicule. D’autres parlent d’anges qui auraient parlé aux apôtres, que les femmes étaient là, mais Marie-Madeleine pas forcément. Bref, on n’est sûr de rien, sauf du fait que Jésus était bel et bien ressuscité. Du moins pendant quelques temps. En effet, quelques dizaines de jours après cet événement, il serait monté au ciel et se serait assis à la droite de son père.

 Nous connaissons la suite…

 

 

 

 



[1] Ceci n’est bien évidemment qu’une estimation.

 

[2] Evangile apocryphe de Thomas l’Israélite, datée du deuxième siècle après Jésus.  

 

[3] St Jean.

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : Skreuls
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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /2007 13:39
Moi, ce que j’en dis, c’est qu’ils devraient faire attention et se renseigner avant de partir. Mais bon, apparemment, ils équatoriens.
 

"I’d rather be a sparrow than a snail, Yes I would, if I could, I surely would, I’d rather be a hammer than a nail, Yes I would, if I only could, I surely would… "

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : Skreuls
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Jeudi 25 octobre 2007 4 25 /10 /2007 09:26

Or, tout en déambulant, je remarquais un extincteur. Rouge, propre sur lui, il semblait avoir été déposé là par quelque employé méticuleux ; placé entre la cabine téléphonique et le transistor, il était, en effet, tout à son aise.

 

            La géographie du lieu n’était pas sans me rappeler ma Nièvre natale. Rassurante et perturbante, cette transposition fugace. On était tout de même à Cracovie, et les réminiscences de ce passé florissant qui m’avait vu grandir fouettait mes convictions et courbait mon entendement. Où étais-je, en fait ?

 

Sur le terrain vague faisant face à la mairie, quoiqu’il en fût, le meeting battait toujours son plein. Je m’assis donc sur un tabouret prévu à cet effet, attrapais avec une retenue de circonstance mon gobelet plein de pop-corn et je savourais le spectacle.

 

 

La publiciste tentait, polycopiés à l’appui, de prouver que le cacao « BUVÉMOI » était bien meilleur que le « MANGÉMOI ». C’était Winnie l’Ourson qui discutait avec Rintintin.

 

            _ « BUVÉMOI, disait Winnie, remplace le miel qui se fait rare ces derniers temps. Changement climatique oblige ! »

 

            Rintintin, les oreilles rabattues en signe de regret, devait bien se rendre à l’évidence et murmurait dépité :

 

            _ « MANGÉMOI ne remplace pas mes croquettes… »

 

 

L’assemblée applaudit poliment, mais on voyait bien au visage simiesque du patron de la Française des Jeux, convié pour l’occasion, que la joute chocolatière le passionnait autant que les résultats des examens d’urine du Dalaï-lama.  Le PDG se leva et ordonna un vote à mains levées. Après un « non » retentissant, Tina, la publiciste, laissa sa place à une espèce de Gepetto endimanché dont le charisme n’était pas sans rappeler celui d’un saumon.

 

            C’est à ce moment là que cela se produisit.

 

 

Juste après l’entrée de l’homme tout de bleu et de paillettes vêtu, poupée de bois sur l’épaule, la secrétaire, qui avait suivi, se prit les pieds dans la moquette et le fin plateau en laiton qu’elle portait du bout des doigts s’envola joyeusement en direction du patron de la Française des Jeux qui expliquait à son voisin de gauche, un Malaisien sexagénaire, le théorème de Pythagore :

 

            _ « La somme des carrés de l’hypoténuse du triangle est égale à la somme des carrés opposés ! C’est pourtant simple ! », qu’il gueula, car l’autre était sourd comme une cuillère à pot.

 

            _ « Quels ortolans ? » répondit l’autre qui n’avait pas compris.

 

 

Au moment où cette phrase fut prononcée, le plateau en laiton avait déjà terminé sa course sur le tapis un peu vieux, au contraire des tasses pleines de café. Dans un moment de lucidité perverse, ces dernières décidèrent de continuer leur aimable vol en direction du crâne imbécile de Monsieur Tacotac.

 

            Le Malaisien, voyant s’approcher à une vitesse disons relative les récipients, se jeta sur le sol, il se saisit de son sac de sport, tira de celui-ci sa batte de cricket et il reprit d’une magnifique demi-volée les tasses. Par une coïncidence extraordinaire, puisque je le souhaitais, le café resta dans les tasses intactes, et ces dernières repartirent à la vitesse de tasses qui repartent vers le menuisier. Gepetto évita les objets. La poupée non. La première tasse percuta son rein droit, la seconde toucha  symétriquement le gauche.

 

 

            _ « Aïeue ! cria Gepetto, prenant de court son accolyte néphrétique. Je suis  pas de bois ! » se trompa-t-il.

 

 

C’est à ce moment précis que je me dis qu’il faudrait que je me mette lentement à écrire des scénarios valables.

 

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : Skreuls
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