LA RÈGLE DE TROIS N’AURA PAS LIEU.

Publié le par Gonzague Loumintope

LA RÈGLE DE TROIS N’AURA PAS LIEU.

« Jamais deux sans trois ! » comme on dit dans le jargon.  « Veni Vidi, Vici ! » comme on dit quand on veut faire croire qu’on a lu « De bello Gallico », qui plus est en latin. Dans la guerre des chiffres, guerre exponentielle et absurde, le trois reste une valeur sûre :

 

 

 

_ « Combien étaient-ils ? » demande le commissaire de police.

_ « Trois, dont la moitié probablement d’origine maghrébine » répond le français moyen.

 

            _ « Prenez trois filets de limande… » dit Paul Bocuse.

 

            _ « Au nom du père, et du fils, et du Saint-Esprit… » dit l’Abbé Deschamps.

 

            _  « Auxerre a battu Troyes 3-0 » ne dit plus Thierry Roland.

 

            _ « Magellan a traversé le détroit éponyme » aurait pu dire Thierry Roland. [Aucun lecteur ne se serait demandé si cette phrase est correcte ou non si je n’avais pas précisé que Thierry Roland aurait pu la prononcer. Lecteur, tu es mauvais dans ton cœur. Va  donc  regarder dans ton dictionnaire avant de porter des jugements]  

 

 

 

« Trois » est le chiffre suprême. Sa suprématie n’est d’ailleurs jamais remise en cause. Sauf, parfois, sporadiquement, par quelques religions qui prétendent :

 

            _ « Nous avons cinq piliers ! »

                        Ou encore :

            _ « Notre chandelier a sept branches ! »

 

Ces religions reconnaissent cependant implicitement l’importance, voire la nécessité du trois. Ainsi, ceux qui ont cinq piliers ont également trois villes saintes (La Mecque, Médine, Jérusalem), tout comme ceux aux candélabres (Jérusalem, Tel-Aviv, Washington).

 Le trois est certes une valeur sûre, il n’en demeure pas moins étouffant. Le trois est un chiffre qui n’est pas assez haut pour ne jamais être atteint. Il est également trop bas pour être oublié. Au contraire du sept, dont les religions susmentionnées sont également friandes, il s’applique à tous et à toutes.

 L’Islam n’a pas sept piliers. Le candélabre n’a pas cinq branches. En revanche, Riri, Fifi et Loulou étaient trois. Les pieds Nickelés aussi. Le club des trois avait trois membres, d’où son nom.

Comment faire pour faire oublier ce trois ?

Une solution serait de prendre Pi. Une alternative comme une autre. La meilleure, même. En premier lieu, et en faisant abstraction des 3,14 millions de chiffres qui suivent le fameux 3,14,  Pi possède la particularité d’avoir en son sein le 3 et le 14. Or le 14, c’est deux fois 7. Ceux aux candélabres seront contents. En outre, si l’on divise 14 par lui même, qu’on le multiplie par 15 et qu’on le divise par trois, on obtient cinq ! Ceux aux piliers seront également contents.  

 

 

            Je sais que certains se demandent : quel intérêt y a-t-il à prouver que 3 fois 5 font 15 et que deux fois sept font 14 ? Je m’en vais de ce pas lustrer vos lanternes : la règle de trois est en fait à l’origine de toutes nos souffrances, dans ce bas monde qui trop souvent ose dire son nom. En refusant la règle de trois, on ouvre la porte aux compromis. Et les compromis, comme leur nom l’indique, sont à l’origine de tout ce que l’absence de compromis ne peut, dans son incommensurable fierté, être en mesure de réaliser.

 

Refusons donc la règle de trois, et les vaches seront bien gardées.

 

COMPROMIS, CHOSE DUE !

 

 

 

Publié dans cours universitaires

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