Concours

Pour toi.

Vendredi 18 août 2006

 

 

L’autre jour, j’étais chez un mien ami. A la suite de contorsions culinaires tout aussi ludiques qu’inutiles, je me brûlai férocement la main.

            _ « Ami ! » interpellai-je sans ambages mon ami. « Serais-tu en mesure de me donner de la Biaphine ? Ou mieux encore, du Tulles gras ? Ma main a malencontreusement heurté le filée d’huile bouillante qui perlait gentiment de ta poêle en téflon ! »

Goguenard, mon compère s’approche de moi et susurre à mon oreille interdite :

             _ « Mille excuses, mon cher. De Tulles gras ou encore de Biaphine, je n’ai point. En revanche, j’ai des pansements. Ils sont de la marque Cien. Connais-tu cette marque ? »

J’acquiesçais du bout des lèvres.

             _ « Et bien crois-moi ou crois-moi pas, mais ces pansements sont deux fois plus efficaces que ce que de ta voix mielleuse tu avais quémandé ! Mets-en un et tu verras ! »

Je m’exécute avec force vélocité et remarque estourbi que le bougre avait bel et bien raison !

 

Moralité : « Un Cien vaut mieux que deux Tulles gras »

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : Skreuls
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Mercredi 26 juillet 2006

Au seuil de mon tombeau

Au seuil de mon tombeau

 

Ah, je les vois déjà, ces tendres incapables,

Escorter en chantant ma dépouille fumante,

Je les vois s’attendrir et devenir affables

À l´heure de ma mort, atrocement si lente.

Aux lambeaux de ma vie, ils viendront s´incliner

Et tendant les bougies et l’encens à côté

Du cercueil dans lequel je m´imondicerai,

Ils prieront pour mon âme et l’immortalité

N´entendra que mes pleurs irrités et amers.

 

Pourquoi sont-ils tous là ? Pourquoi sont-ils venus ?

Eux qui détestaient ce qui est convenu

Viennent autour du bois, parlent autour de moi

D´autrefois, d´aujourd´hui, de demain

Qui jamais ne sera comme avant,

De ces banalités que j’exécrais vivant

Et qui mort me répugnent, et m’énervent, et me navrent,

Il n’y a plus d’avantages à n’être qu´un cadavre.

Sitôt qu’on m’allongé sur le cuir de la boîte,

-que par respect pour moi on a appelé bière,

Je dois le reconnaître, c´est le nom adéquat,

Celui qui l´inventa dut être visionnaire-

‘se sont mis à jaser, ne discontinuant pas,

Ressassant  le passé que l´on n´oubliera pas.

Que t’ai-je fait mon Dieu, pour hériter d´un tel

Salmigondis de clichés, d’harcèlement textuel ?

 

Mais j’avoue que les mots qui ce soir m’atteignent,

Me rassurent en un sens, car le gars qu´ils dépeignent

Ne correspond en rien à l´homme que j´étais,

Me serais-je trompé sur mon identité ?

La situation est claire, je le comprends enfin,

Cet enterrement n’est simplement pas le mien.

Ces crétins de croque-morts, dans leur empressement,

Ont confondu les corps : je suis Lucien Bertrand.

Ouvrier consciencieux, père de trois marmots,

Fan de Nicoletta et de Luis Mariano.

‘se serait suicidé d´une balle dans la tête,

C´est pour ca que sa boîte n´est pas restée ouverte.

Et quant à mon cercueil si il est resté fermé,

C´est qu´on a respecté mes dernières volontés

Et que l´interversion passa inaperçue.

J´avais bien remarqué déjà dès le début

Que le bois du cercueil était un bois précieux,

Je croyais, gros naïf, qu´en guise d’adieu,

Ma famille, mes amis s´étaient tous réunis

Et m´avaient offert ça, innocent que je suis….

 

Je suis désolé pour celui qu´on a descendu,

Dans le carré de terre qui m´était dévolu,

D´abord parce qu´il dormira pour l’éternité

Entre quatre planches de bois contreplaqué

Puis qu’il ne recevra qu’un brin de chrysanthème,

Au jour de la Toussaint, et peut-être que même,

Mes amis persuadés que mon corps gît ici

N´apporteront que des racines de pissenlits

Qu’il bouffera

Et moi je recevrai des fleurs par milliers,

Peut-être on me plantera même un petit rosier…..

 

Il n’y a que deux choses qui m’inquiètent vraiment,

Personne ne voulut de moi quand j’étais vivant

Et j’ai bien peur que même les champignons

Ne veulent de l´humus de ma putréfaction.

La deuxième relève de l’ordre de l’improbable,

Tant ma vie sexuelle a été lamentable,

C’est de subir un test de paternité.

Perspective effroyable dans laquelle je me verrais

A l’instar de Montand et de sa fausse fille,

Obligé de sortir de mes pieds de jonquilles.

Puisque le légiste même s’il n’est pas très fin

Verra bien que le corps qui est entre ses mains

Se trouvent disposé d´un trou dans la caboche

Et que de surcroît il n´est pas franchement moche.

Caractéristiques qui ne me caractérisent pas.

On m´ôterait dès lors les joies de mon trépas.

 

Mais je l´ai déjà dit, c´est de la science-fiction,

Et je savourerai l´heureuse interversion

Jusqu’à ce que les vers aient fini de ronger

Le frein récalcitrant des cèpes et des bolets.

 

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : pseudo alexandrins
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Mercredi 26 juillet 2006

Ballade en Ut mijeur

Ballade en Ut mijeur

 

 

 

Il vivait solitaire et il le vivait mieux

Que mal accompagné d´un quelconque autre vieux

Il avait 50 ans ou peut-être 60,

Cela ne compte pas quand on se désenchante

 

Si l´on avait voulu compter tous ses hobbies

Les doigts d´une main auraient largement suffi,

Boire était le premier, décuver le second.

Le premier lui sifflait le tiers de son pognon,

Le troisième et dernier était le plus marrant :

Tirer sur les cyclistes avec des balles à blanc

Et rien ne l´empêchait de compiler les deux,

Avant de canarder de picoler un peu.

 

Et les vélos tombaient, effrayés, consternés,

Ne pouvant pas savoir qu´ils étaient mitraillés

Par un fusil chargé de munitions factices,

Ils juraient, ils pleuraient, réclamaient l´armistice

Le chemin qu´ils prenaient était dans un hameau

Où six granges et six fermes posées sur des coteaux

Pouvaient facilement abriter un tireur,

Si bien qu´ils ne savaient d´où venait la terreur

Quand notre ami lassé par cet aimable jeu

Décidait d´arrêter du moins un mois ou deux

Les guignols en vert ou en jaune ou en rose

Revenaient de plus belle en défendant la cause

Que la route est à tous et ils le criaient fort.

Ce faisant ces crétins réveillaient l´ivre mort.

Ils n´avaient pas besoin d´une provocation

pour se jeter avide sur ses munitions.

À coté de son lit sans la sécurité

Son fusil déjà pointait les maillots mouillés.

 

Un jour enfin craignant que le frêle pot aux roses

Ne soit découvert par ces étranges choses

Il sortit de chez lui pour acheter du vin doux,

Et accessoirement des balles en caoutchouc.

Les balles en caoutchouc on ceci de pratique,

Sans risquer de blesser leurs membres athlétiques

Elles laissent néanmoins sur leurs cuisses rasées

Des bleus qui resteront pendant plusieurs journées

 

Il avait quelque part une encyclopédie

Il la retrouva sous une caisse de whisky

Il voulait s´en servir. Un beau jour résolu

Il tira ses rideaux et goulûment il lut.

« Goulûment » est outré. Il lut les premières pages

Du Larousse tout vieillot qui malgré son grand âge

Donnait un aperçu des drapeaux des pays

Et des différents tons que proposaient ceux-ci.

Quand venait le week-end, il prenait sa lunette

Et observait de loin les couleurs des jaquettes

Alors visant les jambes, cherchant à faire des marques,

Il tentait de reproduire les couleurs du Danemark

Ou bien du Burundi, ou alors du Gabon.

Pour sa culture, cela aurait pu être bon,

Mais il était bourré les trois quarts du temps

Et oubliait bien vite ses chefs d´œuvres charmants.

 

Vous vous en doutez bien, cela ne dura pas longtemps,

Devenus Arlequins, les sportifs brusquement

Cessèrent de fréquenter cette route maudite,

Ayant tôt fait de raconter à leurs acolytes (anonymes)

Les noires péripéties qu´ils avaient rencontrées

Le hameau s´en trouva plus calme que jamais.

Et notre petit vieux en fut tant attristé

Qu´il en oublia de boire toute une journée

Mais ce qui l´avait chagriné par dessus tout

C´est qu´il avait sept boîtes de balles en caoutchouc

Inutilisées ! Pleines ! C´était un tel gâchis…

      (puis un jour, un peu plus tard, environ vers midi)

Il se servit un grand verre de Martini

Et tâtant de sa main sur le vieux canapé

Il trouva la télécommande de la télé.

 

Sur l´écran, et sur le canal d´Antenne deux

Il les vit ! Ebahi, il n´en crut pas ses yeux

Voici la solution, et la voilà, la chance !

On était en été, il y avait le tour de France…..

 

Dans la caisse de son coffre, il puisa de l´argent

Acheta de la bière du Ricard, du vin blanc

Dans le coffre de sa caisse, il les plaça joyeux

Entre ses munitions et sa belle vingt-deux.

Il suivit les étapes, dormant dans sa voiture.

Et un ami m´a dit qu´à chaque meurtrissure

Qu´il laissait sur le corps des Miguel Indurain

Il avait le regard pétillant d´un gamin.

On ne sait où il est, ni ce qu´il s´est passé

Toujours est-il qu´il n´est jamais retourné

Dans son hameau perdu, là bas sur les coteaux.

Moi, je  dirais, vu la saison, qu´il est entre Milan et San Remo.

 

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : pseudo alexandrins
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Mercredi 26 juillet 2006

COMME UN RAT

 

 

 

 

 

 

L’autre jour, (c’était un après-midi d’octobre brumeux si mes souvenirs sont exacts, ce dont je suis à peu près sûr car j’ai une très bonne mémoire) je me faisais tellement chier chez moi que je me suis dit : « Tiens, si j’allais me faire chier ailleurs !» ce qui me tentait bien, je l’avoue.

Par chance, il se trouvait que mon anniversaire était juste passé et qu’un mien ami avait eu la bonne idée de m’offrir un billet simple pour le dernier spectacle de Robert Hossein. Une bonne occasion d’aller se faire chier ailleurs et pour pas cher, puisque gratuitement. J’ai beau être con, je n’allais quand même pas dépenser de l’argent pour me faire chier. Il est plus agréable de se faire chier avec l’argent des autres et c’est ce que je décidais de faire. Sur le ticket, il n’y avait ni date ni numéro de place. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien. Toujours est-il que je pouvais me rendre à n’importe quelle représentation, mises à part la première et la dernière, ces deux-ci étant espacées de 8 mois : ça me laissait du temps.Je m’assois donc, place 46b, en haut, presque au milieu de la rangée de gauche, ce qui veut dire que je n’y voyais presque rien. C’était le spectacle idéal pour se faire chier. La place que l’on m’avait donnée était idéale pour se faire encore plus chier, à croire que la caissière avait lu dans mon regard mes véritables intentions. Ma décision était prise. J’allais me faire chier pendant deux heures. Le spectacle pompéien et pompeux commença.

 

 

Au bout de 20 minutes, je m’aperçus que cela faisait 20 minutes que je me faisais chier comme un rat mort. Si j’avais été à l’opéra, ça aurait été marrant. Je me serais fait chier comme un rat d’opéra mort. Mais j’étais chez Hossein, et ce maigre jeu de mots ne pouvait vraiment me consoler. Donc, je me faisais chier comme un rat mort. « Pourquoi !? », m´écriais-je intérieurement. Non pas pourquoi je me faisais chier…si j’avais choisi cet endroit, c’était dans le seul but de me faire chier gratuitement. Et à ce moment là, je n’étais absolument pas déçu. Ma question était : « Pourquoi un rat mort se ferait-il plus chier qu’un autre animal mort ? ». L’inventeur de cette phrase ne devait pas avoir choisi cet animal par hasard, cela me semblait illogique. Je m’enfermais donc dans mes réflexions. Le spectacle ne me dérangeait pas dans celles-ci ; ça, en revanche, c’était logique.

Je me disais donc que si un rat mort se faisait davantage chier qu’un autre animal mort, c’était que la vie du rat était plus trépidante que toutes les autres. Cela me tarabustait. Je décidais que j’irai jeter un coup d’œil dans mon encyclopédie après le spectacle. Vous savez ce que sont les réflexions. Elles viennent, elles partent, et bientôt j’abandonnais mes interrogations et rentabilisais au maximum mon cadeau d’anniversaire en me faisant chier de plus belle. Après une heure quarante supplémentaires d’ennui total chez Robert, je décidais de vite rentrer chez moi. Je remarquais au passage que je n’étais pas le seul à vouloir quitter au plus vite le navire. Arrivé chez moi, je commençais à tourner les pages de mon encyclopédie à la lettre « R ». Enfin… aux lettres « R », parce que j’ai beau être radin, je fais fi de l’oseille quand il s’agit de culture. J’ai donc acquis cette encyclopédie pour une belle somme. C’est une de l’Universalis, en cuir verni, en 26 tomes. Un tome par lettre. Les tomes sont reliés. Entre eux. C´est le seul problème.

Car oui, l´encyclopédie a beau être complète (il y a tout dedans, mais alors absolument TOUT), les tomes son reliés entre eux. Ce qui fait que non seulement c’est extrêmement lourd, mais qu’en plus, c’est très dur d’ouvrir les pages du milieu. Les lettres « A » et « B », ça va. Le « E », c’est déjà plus dur et le « P », je n’ai même pas essayé. Je l’ai déjà dit, je suis radin. Mais ce n’est pas tout. Je suis également feignant. Ce qui fait que je ne déplace et n’ouvre mon Universalis que très rarement. Et ma culture ne se résume par conséquent quasiment qu’aux seuls mots ou noms commençant par les lettres « A », « B », « Y » et « Z ».

En attendant, des idées, mots, termes commençant par ces lettres, je connais tout. TOUT. Tout sur la maladie d’Alzheimer. Tout sur la situation géopolitique de l’Andorre, de l’Azerbaïdjan, du Bhoutan ou encore de la Biélorussie. Je pourrais vous faire un cours sur l’aubergine ! (Plat national de l’Azerbaïdjan, j´ai eu de la chance). Mais attention, ce n’est pas tout ! Sur Zarathoustra, je sais tout ! Bon, sur Nietzsche, je sais rien. Parce que j´aime bien les philosophes. Mais à cause de mon problème d’encyclopédie, je n’ai lu que sur Aristote et Bergson. Alors là, je vous vois arriver avec vos bottes toute crottées et je vous entends me dire : « Oui, mais vous pourriez (oui, je vous prierais de me vouvoyer), oui, mais vous pourriez acheter les œuvres ! » Si vous aviez écouté, j’ai dit au début que j´étais radin. Je ne vois pas pourquoi j’achèterais les œuvres complètes alors que celles-ci sont résumées dans ma belle Universalis aux tomes reliés entre eux…

Un yard fait 0,9144 mètre. Vous le saviez ? Heinrich Zille était un dessinateur allemand. Il croquait les scènes de la vie quotidienne du milieu travailleur berlinois avec un humour et un sens inné du comique, tout en mêlant à ceux-ci une ironie mordante (vous remarquerez qu´il croquait avec une ironie mordante, cela ne s´invente pas) et une critique sociale décapante. Il est né en 1858 (je ne sais pas quand c’est, la lettre « M » étant juste au milieu) à Radeburg (je sais pas non plus où c’est). En revanche, il est mort à Berlin, capitale de l’Allemagne, 3,5 millions d´habitants, surnommée la verte, du fait de la présence de très nombreux parcs en son sein… En fait, je sais quand était 1858. Je sais également où est Radeburg. Et bien oui, après le spectacle de Robert Hossein, j’ai ouvert mon encyclopédie à la lettre « R », et en cherchant « Rat », j’en ai profité pour chercher Radeburg, qui se trouve être une ville à la con en Allemagne.

C’était vraiment chiant de soulever tous ces tomes ensemble. Ca pesait un âne mort. Alors, juste après avoir déposé l’encyclopédie, j’ai cherché à âne, pour savoir pourquoi un âne mort pèse plus lourd qu´un cheval mort, par exemple. En fait, c’est écrit qu’ils font le même poids, mais que pour une question de parité et de justice, ils avaient fait par ordre alphabétique. Un peu plus tard, j’ai cherché à savoir pourquoi ils avaient pas fait la même chose pour le rat….En fait, c´est écrit qu´ils ont fait la même chose, mais forcément, dans la famille, il n’y a que le rat et la souris.

Mais revenons à nos moutons…enfin, on se comprend. Je cherchais à savoir en quoi la vie du rat était plus trépidante que la vie d´un autre animal. Pourquoi, par exemple, un bouvreuil mort se fait moins chier qu´un rat mort. Je n´ai pas vraiment choisi le bouvreuil par hasard. C’est à la lettre « B », c´est pour ça. Oui, je l´ai déjà dit au début. Les réflexions viennent et partent. Dans les une heure quarante restantes, j’ai réfléchi quelquefois et j´ai essayé de trouver un animal faisant le poids d’un âne mort…d’un rat mort, pardon. Etant feignant, je cherchais des animaux commençant par les lettres « A » ou « B », afin de ne pas trop me fatiguer avant la perspective -fatigante en elle même- d´ouvrir mon Universalis à la lettre « R » et qui plus est, au début du tome. Ben oui, « rat » commence par « ra ». Donc, je cherche. Une antilope ? Morte, elle a pas franchement le temps de se faire chier. Un bison? Ça n´allait pas. Un hamster ? J´optais pour le bouvreuil. Un bouvreuil vaut bien un rat. Je me suis alors renseigné sur la vie du bouvreuil, son gîte, ses périodes d´immigration, ses hobbies et tout ça. Et bien vous me croirez ou pas, la vie du bouvreuil est super chiante…Il se lève le matin, il va chercher à bouffer. Soit il bouffe sur place, soit il rentre chez lui. Si il rentre chez lui, il en profite pour faire la sieste. Il se réveille, il repart, il va re-chercher à bouffer, il se repose le dilemme cornélien : « Mange-je ici ou rentre-je chez moi ? » Il se répond et quoiqu´il fasse, il finira bien par rentrer chez lui pour dormir. Il n´est même pas chassé ! Ni pour sa chair, ni pour sa fourrure (contrairement au rat). Quand le bouvreuil à des enfants (pas plus de quatre par portée), il chasse pour 5, ce qui ne rend pas sa vie plus intéressante. Il passe mois de temps à dormir, ce qui lui fait du bien, à ce gros feignant. Bref, pas de quoi fouetter un rat, ce rat même que j´ai étudié et dont je vais vous raconter l´histoire.

Le rat est un petit rongeur de la famille des muridés, au museau pointu, très vorace et très prolifique. Il est présent partout sur le globe. La vie du rat est haute en égouts et en couleurs. Le rat est le gangster de la gent animal…Outre le fait qu´il soit chassé pour sa fourrure, il est craint partout et par tous. Il est à l´origine des plus grosses épidémies de peste et bien qu´il soit le facteur zéro de la maladie, il y succombe rarement, voire même pas du tout pour les plus chanceux….Il se faufile, il longe les rues étroites et malfamées, il fouille dans les poubelles et tout…il n´a pas d’amis -mis à part ses congénères- et il s´entend comme chien et chat avec les autres animaux. Sa vie est violente, dangereuse, aventureuse…C’est la raison pour laquelle le rat mort se fait autant chier.

Et si un rat devait de faire plus chier qu´un rat ordinaire mort, ce serait un rat d´opéra mis en scène par Robert Hossein.

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : Skreuls
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Mercredi 26 juillet 2006

Le jeune écrivaillon explique 

à un sien ami les raisons 

qui le poussèrent à ne pas passer le voir…

 

 

 

 

Pêche Melba culpa  

 

Pêche Melba culpa. Oui, flagelle moi, tant que tu veux, avec ta vigueur que je devine vive, sois certain que j'ai conscience que je ne mérite que cela. Mais que je te narre les raisons de mon non-passage dans ton huis, que je te remercie au passage de m'avoir proposé, pour ne pas dire ouvert.

 

À ma descente du TER Paris-Grenoble-Clermont-Ferrand-Tulles-Saint-Pierre-des-Corps-Lille-Strasbourg-Paris-Colmar-Bruxelles-Londres-Perpignan-Barbezieux-Bordeaux-Saint Jean, voilà t'y pas que deux gars endimanchés et refoulant du goulot comme un bulot alcoolique au troisième degrés s'approchent de moi et me font signe de lever les mains très haut dans le ciel, comme pour, je les cite, «montrer que deux avions s'approchent dangereusement de quelconques tours ». Moi, peu farouche, surtout à la suite du léger périple que je venais d'effectuer, m'exécute avec force vélocité. Et voilà t'y pas qu'ils me tombent dessus à bras raccourcis, prétextant un quelconque rapprochement entre le geste innocemment reproduit par mon auguste personne et la gestique, apparemment bien connue de la maréchaussée, d'un terrible terroriste albanais. Ou togolais, je ne sais plus très bien. Ils m'emmenèrent sans déménagement illico presto au poste de commissariat de police le plus proche, c'est-à-dire à une bonne demie quatraine de kilomètres, pour ne pas dire deux. Ils me harcelèrent de questions, me demandant notamment si j'avais déjà eu des rapports avec un certain André Mineur, né Mineur, qui aurait logé avec ma femme, elle aussi de sexe féminin, comme la sienne, la nature est bien faite, je le reconnais. J'avais certes déjà eu écho du bougre, et je le savais rusé de très prés, grâce aux conseils avisés de sa maîtresse, elle aussi divorcée de fraîche date, comme la mienne, le monde est petit, je l'avoue.
Je ne trahis toutefois pas le bougre, le connaissant de réputation.

Mais les corniauds en voulaient plus encore. Les maigres mensonges dont j'avais abreuvé leurs tempes agiles et menues ne passèrent pas, et il se ruèrent de plus belle sur moi, me laissant entendre que si je parlais pas, j'aurais tôt fait de me retrouver dans le premier charter à destination de Zagreb; ce que, sincèrement, je ne compris pas vraiment.

 

_« Pourquoi Zagreb ? » maugréai-je, à demi conscient.

 

_« Ah, AH…tu ne le sais pas encore. Tu verras quand tu y seras. Zagreb les yeux ! »

 

 

Pris d'une panique d'autant plus sourde que j'étais aveuglé par la colère, je restais muet. Je ne me souviens que du bruit sourd d'une bouteille de liquide de frein sur la tempe. Je perdis conscience….

 

 

 

 

Je me réveillais avec un mal de crâne d'autant plus violent que la pression atmosphérique et le vent de force 3 à 4 Beaufort laissaient présager de la pluie pour le lendemain.

                  _ « C'est la fête au paysan… » songeai-je, tout en contemplant le magnifique ciel croate qui s'offrait à moi.  J'étais sous un pont superbement orné de symboles cabalistiques qui s'offraient impudemment à mon œil aguerri. Des longues tiges soutenues par des ballons apparemment velus n'étaient pas sans rappeler les premières œuvres de Chagall. Plus loin, ça et là, des bigorneaux se faisaient enfiler par les tiges en question, tout en refusant aimablement aux ballons l'entrée de leur sanctuaire.

 

 

_ « Quelle poésie… » marmottais-je. « On n'a pas ça chez nous. » et de me mettre en chemin. Je vadrouillais allégrement, songeant que, pour peu qu'on me questionne, j'affirmerais qu'il s'agissait là d'une jolie journée. Les affres des heures précédant mon atterrissage involontaire sous ce pont zagrébois me semblaient étrangement lointaines, alors que pourtant, comme leur nom l'indiquait, elles n'étaient pas bien lointaines. Tandis que je passais devant la Basilique, une petite vieille vint me dire, en français, ce qui ne laissa pas de me surprendre :

 

 

_« Le concert de Mozart est là »

 

 

_ « Mmmmhh » songeai-je…« Basilique…Mozart est là…je me ferais bien une pizza, moi »

 

 

 

 

Après une pizza extraordinairement dégueulasse, tellement grande que je la dégustais sur le pouce, je retournais à la basilique pour voir le concert du colon. Lors de ce trajet… ma foi fort peu intéressant, si peu intéressant d'ailleurs qu'il ne doit la dénomination de trajet que parce que je veux bien la lui donner ; un trajet n'a pas besoin de péripéties particulières pour s'appeler ainsi, ce que je trouve dommage, soit dit en passant, car les trajets ne se valent pas. Il y a des bons et des mauvais trajets. Des intéressants et des pas intéressants. C'est un manque de respect envers les bons trajets que de leur donner le même nom qu'aux trajets moins bons. Je suis donc pour une débaptisation des mauvais trajets. Je les appellerai par conséquent à partir de tout de suite : skreul. Lors de ce skreul, donc, j'eus la nette impression que des yeux m'épiaient. Me retournant à plusieurs reprises, je vis que deux silhouettes tentaient maladroitement de se camoufler derrière des thuyas, ce qui, vu la taille du tronc, est à la limite de la débilité profonde. Mais je continuais mon skreul. Les apparitions se firent moins fréquentes, pour ne pas dire sporadiques. 

 

 

Le concert de Mozart fut assez chiant. Surtout que le biniou était mal accordé. Je souhaitais quand même féliciter les artistes et m'empressais subséquemment vers les toilettes pour dames, spécialement bâties à côté des coulisses, par un souci de commodité pour les musiciens. Et là, voilà t'y pas que les deux bougres de la gare St Jean de Bordeaux me retombent sur le coin du museau de la figure et vlan, vas- y que j'te cogne, et paf, vas-y que je te matraque à coup de pommeau d'arrosoir, et en ni une ni deux, en moins de temps qu'il n'en faut pour comprendre un discours de Jean-Marie Le Pen, je me retrouve au tapis. 

 

 

J'eus juste le temps de voir que le trompettiste avait la varicelle. Je perdais connaissance.

 

 

 

 

Je me réveillais en même temps que mon cerveau. Ce n'était bien évidemment pas la première  fois ; mais cela me plut fortement. Alors que je me disais que Zagreb puait autant que ma bien belle ville natale, j'ouvrais les yeux et remarquais estourbi que la ressemblance ne s'arrêtait pas à l'odeur. J'étais dans une ruelle qui était en tout point identique à celles que mes pieds avaient foulées, enfant, alors que je me gargarisais de soupes de poissons, sous l'œil réprobateur mais amusé de la tenancière du bordel dont j'étais à la fois visiteur et client occasionnel.

 

 

_ « Comment cela se puisse donc être ? soufflai-je. Hier encore, j'avais vingt ans, je caressais le temps, et jouais de la vie comme on joue de l'amour, et je vivais la nuit, sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps » ne puis-je m'empêcher de murmurer,  prenant à témoin un chasseur qui passait justement par là. Je demandais alors à une vieille qui vendait des tours Eiffel en faux cuivre l’heure du jour et le jour en question.

 

 

_ « Le 19 heures 10 du 14 octobre. Dépêchez-vous. France 3 Aquitaine commence dans 2 minutes ! ».

 

 

_ « QUOI !?! Vociférai-je. Vous n'auriez pas pu me le dire plus tôt ?!?! »

 

 

J'avais 21 minutes et des harengs pour choper mon train. Par chance, j'étais aux Capucins. Le trajet se fait en un coup de cuillère à pot. Je prenais le train qui devait m'accompagner à Paris Gare Montparnasse, d'où je pris la navette qui m'amena à Orly, d'où je pris l'avion pour Berlin.

 

 

Bref, comme tu peux le voir, cher ami, ce n'est pas de ma faute. Je suis de retour à Berlin. Mais, connaissant ta magnanimité, je sais que tu ne m'en tiendras pas grief.

 

 

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : Pseudo Aventures
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Mercredi 26 juillet 2006

Séminaire

Mes très chers étudiants,

Mes très chères étudiantes,

Mes très chers futurs collègues, je l’espère, du moins, sauf le gros barbu du fond, là, à droite, oui, toi, là

 

            Je tiens avant toute chose à vous remercier de vous être déplacés si nombreux en ce jour de la Saint André. Comme vous le savez, l’époque que nous vivons est une époque troublée par les événements que nous connaissons, tant et si bien qu’il n’est pas besoin de les citer, ces événements, qui nous troublent, pourtant, et ce dans la période qui, déjà trouble sans événements troublants, nous trouble, ce qui n’est pas pour nous calmer, justement, malgré la clarté induite par quelque professeur d’université, enclin dans un moment de lucidité toute aussi salutaire que soudaine à abreuver la soif inextinguible d’étudiants férus de connaissance et d’autres choses que la bienséance nous interdit toutefois de mentionner.

            Votre choix, excellent soit dit en passant, s’est porté sur mon séminaire, et je vous en remercie chaudement et de vive voix, avec ce ton légèrement péremptoire auquel il faudra vous habituer, je sais, ce sera dur, mais comme disait Micheline Presle : « Ce n’est pas parce que c’est gros que c’est pas beau ». Elle avait bien raison, la gueuse. En aparté, je tiens à ce que vous remarquiez qu’elle fut une des premières à remettre en cause la théorie de Joséphine (épouse de Napoléon) « Plus c’est petit, plus c’est mignon », thèse légitimement soutenue quand on voit son mari. Cette vérité de basse-fosse, où la patte de Micheline est entre mille reconnaissable, nous fait apercevoir des chemins nouveaux, des chemins de traverse, qui, pour citer Francis Cabrel, sentent bon la bohème et le voyage.

            Le champ dans lequel nous musarderons est celui de la philosophie arboricole, cela vous le savez déjà. C’est un vaste champ, que nous tenterons de travailler le mieux possible, jusqu’aux récoltes que je souhaite excellentes. Sauf pour le gros barbu au fond, oui, toujours toi. La littérature est abondante, les dangers fréquents, les pièges foisonnent, il vous faudra toujours être aux abois et la caravane passe.

Mais passons sans tarder aux thèmes du jour : Jean-Philippe Rameau, André Mineur et Patrick Chêne.

            Vous n’êtes pas sans le savoir, Jean-Philippe Rameau était un grand compositeur de musique de chambre. Son œuvre n’est pas loin d’être insignifiante, elle est toutefois relativement importante.

            Jean-Philippe Rameau est né il y a environ longtemps et est mort un peu plus tard, toujours au même endroit, à moins que cela ne fut légèrement plus au sud, les exégètes planchent encore dessus.

            Son enfance fut terrible. Il subit les quolibets de ses camarades, enclins à ne voir en lui qu’un nom, raillant celui-ci à qui mieux-mieux, allant du « Rameau de la Méduse » à « Rameaunichel » en passant par « eh ! Rameauneur ! » et par la Lorraine. Ces déboires firent prendre conscience à son géniteur que l’école était un lieu dangereux pour son rejeton. Il engagea dès lors une nourrice qui l’éduqua du mieux qu’elle put, à savoir mal. A l’instar d’un Sartre encore babillant, le petit Rameau regardait souvent son lettré de père en train de feuilleter les innombrables bouquins qui jonchaient les étagères de par trop poussiéreuses d’une chambre devenue pour le gnard un refuge bienheureux. Après plusieurs années d’observation empreinte d’une admiration calfeutrée, l’idée lui vint à l’esprit de regarder, justement, à l’intérieur de ces mystérieux objets dont il croyait qu’ils contenaient bien plus qu’un simple passe-temps futile. La légende veut que le premier bouquin qu’il ouvrit fût un recueil de partitions de Verdi. Notons l’anachronisme extraordinaire, et passons à la légende suivante.

La nourrice qui s’était occupée du marmot n’avait pas décelé chez le petit ses prédispositions à la lecture des notes de musique. Mal lui en prit, car, selon une autre légende, le premier recueil qui lui échut fut celui de Pachelbel. Pour les incultes qui ne connaîtraient pas ce compositeur (c’est toi, le gros, là, qui est visé. Oui, oui...toujours toi) Pachelbel est l’inventeur de la daube musicale. Mais, étant le premier, on lui pardonne.

Incontinent devant cette suite obscure de points ronds blancs et noirs, de clefs de sol, de fa, de douze et d’ut, le petit Jean-Philippe qui commençait à grandir à la vitesse que seule pourrait atteindre la navette Columbia si celle-ci n’était pas malencontreusement rentrée dans l’atmosphère, le petit Jean-Philippe, donc, se décida à apprendre seul cette langue qu’il devinait merveilleuse. Pour ce faire, il lui fallait un dictionnaire (vous remarquerez que ça rime), dictionnaire qu’il trouva dans la bibliothèque de son père, oui, je sais, ça rime toujours.

Sa première symphonie, vous le savez, ou du moins, vous êtes censés le savoir... le gros, là haut, c’est quoi la première symphonie de Rameau ? Oui, je sais, la probabilité que je te pose cette question à toi est assez faible, vu que vous êtes à peu prés 524 dans l’amphithéâtre, mais c’est à toi que je la pose... Alors ? Mmmmm ? Non, ce n’est pas la symphonie Truand. Ignare !

Un léger aparté dans cette biographie de par trop exhaustive : un petit texte accompagnant la première symphonie pour flûte de panda en bois d’eucalyptus...

 

« Ô toi, panda ! Tu grimpes à l’arbre, insouciant.

Les dangers, tu ne les connais point ! Tu es trop

Crétin pour voir les chasseurs Brönté qui, méchants,

Jane Eyre dans la forêt et qui veulent ta peau [1]»

 

Le texte que je viens de vous lire fait figure de ce que sera l’oeuvre du compositeur. Ennuyeuse, rébarbative, mais toute empreinte de cette naïveté commune aux arbrophistes.

 

Nul n’est prophète en son pays, comme disait Jésus. Ce n’est pas à Delhi que le Mahatma grandit, aurais-je tendance à préciser. Et, de même, ce n’est pas à St. Foulzy que le petit Rameau poussa. Le petit Jean-Philippe, sentant qu’il pouvait devenir quelque chose de grand, quitta ses pénates un matin brumeux de Brumaire, ayant en tout et pour tout dans sa besace une lampe de poche et le carnet des anciens élèves de l’école publique « Paul Presboit » de Chantilly-sur-Sarthe.

Il partit donc en Italie, en général, car son costume d’officier était au pressing, et à Rome en particulier. Il y suivit des cours de musique de chambre, ce qui, en soi, était assez exceptionnel à l’époque pour un jeune aussi jeune, pour ne pas dire un jeune d`un âge si peu avancé. Après ce léger périple, le jeune J.P, comme on le surnommait à l’époque, rentra à Clermont-Ferrand où il organisa des choses et d’autres, on ne sait pas trop, mais quoi qu’il en soit, cela avait un rapport avec la musique. Puis il prit la route de Dijon où il rencontra la Marjolaine avant de repartir pour Paris. Bon, voilà, ça, c’est pour la biographie. Les œuvres maintenant.



[1] Symphonie pour flûtes en bois d’eucalyptus, chapitre premier, St Foulzy les Barbelés, cedex 12.

 

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : cours universitaires
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Mercredi 26 juillet 2006

Séminaire

Mes très chers amis. Je vous envoie ci dessous le plan du séminaire que je propose ce semestre à mes étudiants. En espérant que celui-ci vous interressera.
Bien à vous,
Toujours vôtre, Boudin.


Introduction à la théorie de la philosophie arboricole appliquée par ordinateur.

Professeur Rieu, André.
Diplômé des arbres et des lettres.
Année 2004-2005.

      Qu'est-ce que c'est que cette chose ?!


L'histoire nous l'apprend, les Hommes et leurs actes nous l'apprennent, l'être humain s'est développé en suivant des règles totalement absconses. L'Homme sait pertinemment que Dieu n'est qu'une idée, mais il se le cache, tant l'absolu, l'absurde absolu lui fait peur. L'Homme et son développement ne sont rien d'autre qu'une veule et stupide suite de hasards. Et c'est la prétention humaine qui tente de faire croire que nous sommes quelque chose de spécial. Qui nous prouve en effet que nous ne sommes pas au pied d'une échelle de l'évolution ? A-t-on donc d'autres exemples de civilisations ?
D'autres « humains » vivant sur d'autres planètes à consulter, observer ? Et, de fait, à établir une échelle de l'évolution ? Sommes-nous donc tant fascinés par nous mêmes que nous en oublions de nous remettre en cause ? En me regardant, je n'ai pas franchement l'impression d'être le fruit d'une volonté supérieure...en m'écoutant non plus, soit dit en passant...
La théorie de l'histoire soutenue par Hegel tendrait à nous faire croire que l'homme est à la fois acteur et spectateur du monde, qu'il ne serait, à titre individuel, qu'une espèce de fourmi. Le « Weltgeist » (L'esprit du monde) serait l'accumulation des arts et métiers terriens, une sorte de liste exhaustive de tâches nous incombant « volontairement », tâches qui seraient sans rapport direct les unes avec les autres, mais dont l'agencement, quelle qu'en soit la forme, serait un tout compact et singulier, qui représenterait Dieu, en quelque sorte. Cette théorie n'est pas inintéressante. Elle relève toutefois d'une croyance en quelque chose de supérieur à l'être humain, ce que nous rejetons en bloc.

      La philosophie arboricole relève quant à elle d'une foi inébranlable en l'arbre. L'arbre est à l'humain ce que le pénis est à l'homme : son organe central. De même que la glaise est à l'origine de beaucoup de choses (la crème est en glaise, la capote, en glaise. La clef également) l'arbre est à l'origine d'encore plus de trucs.
Sans arbre, nous ne pourrions pas vivre plus de pas longtemps. Les arbres nous voient naître, ils nous voient mourir. Ils accompagnent nos jeux d'enfants, devenant bien souvent symboles de défis qui nous semblent, encore très jeunes, insurmontables.
      Mais la philosophie arboricole (Sylvae Philosophia) ne se contente pas de l'arbre. Il serait trop aisé de ne considérer que cet aspect de cette matière. Non que je mette en porte-à-faux la facilité, loin de moi cette pensée. Le terme « aisé » signifie ici simplement que l'étude trop concise de la philosophie arboricole dresserait une palette faussement légère de cette matière. Les plantes vertes seront également de la fête. Vous trouverez ci-dessous la liste des sessions de ce séminaire ô combien fascinant, et riche en rebondissement.
Les conditions de participation à ce séminaire sont une bonne connaissance orale et écrite du latin et du chaldéen, une participation active aux discussions, de même qu'un travail écrit à remettre à ma secrétaire, Evelyne Dahlia, bureau 1245 Bmx 52114, 1547812 bis Avenue des Saules, St Foulzy les Barbelés, cedex 5478

     

1_ Lundi 28 Brumaire 2004 :

La philosophie arboricole. Quoi qu'est-ce, en fait ?
Naissance de cette matière.
Jean-Baptiste Rameau. Un précurseur ?
Patrick Chêne : le premier théoricien.
André Mineur. Un philosophe arboricole malgré lui ?
Pépin le Bref : l'inventeur de la pépinière.

Bibliographie :
Mineur, André : Des souris et des pommes. Chapitre 2. Un peintre sapin. Editions La porte entrouverte. San Sebastian, 1999.
Chêne, Patrick : La critique est aisée. L'arbre est difficile. Editions ORTF. Paris 1947.
Rameau, Jean-Baptiste : Symphonie pour flûte de panda en bois d'eucalyptus. Banlieue nord de Mulhouse, 1786. (Pour cette œuvre, consulter la Bibliothèque des Arbres Appliqués)

2_ Lundi 4 Pluviôse 2004 :

Sylvae Philosophia. Les penseurs latins et l'arbre
      Platon : La généalogie de la pensée caritative évolutive au service des hortensias.
      Socrate : Les algues marinées. Mythe ou réalité ?
      Diogène : Mon tonneau est vide. Je cherche un rhum.

Bibliographie :
Les trois cités ci-dessus, plus l'introduction à la philosophie hégélienne de Michel de Guérandes.


3_ Lundi 11 Pluviôse 2004 :

Les arbrophistes chaldéens.
      La persécution des arbrophistes.
      La palmeraie d'Ur : Refuge des premiers arbrophistes
      Intégration des arbrophistes : « L'arbreas Corpus »

Bibliographie :
      L' « Arbrus Dei » Premières professions de foi. (Le texte ne nous est malheureusement pas parvenu en version originale. Pour la version sous-titrée Antiope, consulter la bibliotek)

4_ Lundi 18 Pluviôse 2004 :

Dans l'espace…
      Le Monbin du Malabar (Cytherae Dulcis) Premier culte conservé rédigé en langue originale, le Kantyanamar.
      Le Cordia Alliodora. Traces de cultes chez les Incas, les Mayas, les Parias, les Charias et les viticulteurs.
      L'Arbrie Saoudite : Arbres préislamiques.

5_ Lundi 23 Thermidor 2004 :

Au bouleau ! Passons aux choses sérieuses et laissons de côté l'histoire.
      Arbre : Symbole de régénérescence équivoque, ambivalente et pneumatique.
      L'Homme : à mi-chemin entre l'arbre et l'animal ?
      Citation à méditer :
« Dans la tranquillité d'un champ lexical, je poussais, tel un arbre, calme, solitaire, mû par les seules oscillations, et du vent, et des chiens levant la patte sur moi »
  Eugène Buisson, Anthologie. Montluçon sur Courges, 1922
     
« Si ce n'est thuya, c'est donc ton frère » La Fontaine et La Bruyère, deux arbrophistes convaincus. Animaux et plantes chez les deux auteurs.

     
6_ Lundi 38 Thermidor 2004 :

Négations de l'arbre. Usurpations.
      Arbres de la liberté : Républicanisme Vs. Arbrophisme.
      Le festival de Cannes / Les canards : Détournement de la palme.

7_ Lundi 158 Ventôse 2004 : Dernière session.

Explication de pourquoi on n'a pas fait d'ordinateur.
Résumé du semestre.
Distribution des prix.
Lancé de casquette très haut dans le ciel.
Pot d'adieu.
Sanglots étouffés.
Retenue de circonstance.
Retour à la maison.
Cuisson des œufs.
Mangeage des œufs.
Regardage de Canal Jimmy
Dodo.

 

Par Gonzague Loumintope - Publié dans : cours universitaires
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